La vengeance est dans le pré

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6 avril 2013 par matvano

La Chenue

La Chenue (Didier Convard – Jean-Blaise Djian – Sébastien Corbet – Stéphane Heurteau – Editions Vents d’Ouest)

Les apparences peuvent être trompeuses. En parcourant l’album « La Chenue », on découvre un dessin simple et coloré, presque comme celui d’un récit pour enfants. La couverture aussi nous induit en erreur. On y voit Christophe et Caroline, les deux personnages principaux de l’histoire, faire une balade en vélo en toute innocence dans un paisible paysage de campagne. Mais à y regarder de plus près, on aperçoit en haut de cette même couverture le regard inquiétant de la Chenue, la grand-mère de Caroline, dont le mari (qu’on appelait « le Mâcheux ») est mort deux ans plus tôt en ratant une marche dans l’escalier de son jardin. Accident ou pas? La Chenue est la seule à le savoir puisqu’elle a tout vu depuis sa chambre. Mais en même temps, elle ne révèle son secret à personne car elle ne prononce plus le moindre mot depuis ce tragique événement. Tout le monde pense donc que la vieille dame a perdu la raison même si en réalité, elle ne rêve que de vengeance. Et elle n’est pas la seule dans le village à vouloir du mal aux autres puisque Louis, le père un peu rustre de Christophe, reçoit depuis quelque temps des lettres anonymes accusant son fils et sa femme d’être des vicieux et des obsédés. Le ton est donné. Au fil des pages, l’amourette d’été entre Christophe le campagnard et Caroline la citadine va faire ressurgir au grand jour bien des rancoeurs, des secrets inavouables et des haines tenaces entre les habitants de ce petit village pas si paisible que cela. Ce qui apparaissait à la base comme un récit coloré et lumineux s’avère en réalité être une histoire très sombre, peuplée de personnages inquiétants et manipulateurs. « La Chenue » est l’adaptation par Djian (au scénario), Corbet (au dessin) et Heurteau (aux couleurs) d’un roman jamais publié écrit dans les années 70 par Didier Convard (le scénariste des séries « Neige » et « Le triangle secret »), un manuscrit qui dormait depuis lors dans un tiroir. Pleine de non-dits et de secrets de famille, cette vision très noire du terroir plaira certainement à tous les amateurs de Claude Chabrol ou de Georges Simenon, deux observateurs hors pair des noirceurs et des failles de l’être humain. Cela dit, soyons honnêtes: « La Chenue » reste clairement un niveau en-dessous de ces grands auteurs. A noter que cette BD est clairement à déconseiller aux âmes sensibles (et aux enfants), car certaines scènes sont vraiment très dures. Autant le savoir avant de craquer pour sa couverture colorée et bucolique!

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