Oui, une BD peut remporter la Palme d’or à Cannes!

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30 mai 2013 par matvano

CV1 BLEU COULEUR CHAUDE

Le bleu est une couleur chaude (Julie Maroh – Editions Glénat)

Dimanche passé, lors de la cérémonie de clôture du festival de Cannes 2013, on a beaucoup parlé du film « La vie d’Adèle », qui a décroché la Palme d’or. On a beaucoup parlé aussi d’Abdellatif Kechiche, le réalisateur, et bien sûr de Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulous, les deux actrices principales. Les scènes de sexe assez explicites entre les deux jeunes femmes ont, elles aussi, été un vif sujet de discussion suite à la projection cannoise de « La vie d’Adèle ». Par contre, assez bizarrement, on a beaucoup moins parlé de la BD « Le bleu est une couleur chaude », alors que c’est pourtant ce livre qui a inspiré le film. De façon assez peu élégante, Abdellatif Kechiche n’a, effectivement, pas eu un mot pour cette BD ni pour son auteure Julie Maroh dans son discours de remerciements. Sur son blog, cette dernière regrette ce manque de délicatesse, même si elle reste très gentille dans ses critiques sur l’attitude de Kechiche et surtout très positive par rapport au film (sauf sur les fameuses scènes de sexe). « Je reste absolument comblée, ébahie, reconnaissante du cours des évènements », écrit-elle. « Cette nuit j’ai réalisé que c’était la première fois dans l’histoire du cinéma qu’une bande dessinée avait inspiré un film Palme d’or, et cette idée me laisse pétrifiée. C’est beaucoup à porter. Je tiens à remercier tous ceux qui se sont montrés étonnés, choqués, écœurés que Kechiche n’ait pas eu un mot pour moi à la réception de cette Palme. Je ne doute pas qu’il avait de bonnes raisons de ne pas le faire, tout comme il en avait certainement de ne pas me rendre visible sur le tapis rouge à Cannes alors que j’avais traversé la France pour me joindre à eux, de ne pas me recevoir – même une heure – sur le tournage du film, de n’avoir délégué personne pour me tenir informée du déroulement de la prod’ entre juin 2012 et avril 2013, ou pour n’avoir jamais répondu à mes messages depuis 2011. Mais à ceux qui ont vivement réagi, je tiens à dire que je n’en garde pas d’amertume ». Une belle attitude de sa part. Mais peu importe finalement cette petite polémique, car le succès cannois de « La vie d’Adèle » a malgré tout permis de remettre en lumière cette magnifique première oeuvre signée par Julie Maroh. La preuve: cette bande dessinée sortie en 2010 est à nouveau en tête des ventes et, bien souvent, elle est même en rupture de stock dans les librairies. Un succès mérité. « Le bleu est une couleur chaude » raconte l’histoire de Clémentine, une lycéenne, qui tombe amoureuse d’Emma, une jeune fille aux cheveux bleus, étudiante aux Beaux-Arts. Clémentine va longtemps lutter contre son attirance pour Emma, et surtout contre le regard des autres (en particulier celui de ses copains et de ses parents), avant de finalement accepter son homosexualité. A mille lieues de la pornographie dont on a parlé pour évoquer « La vie d’Adèle » ou même du message politique pro-mariage pour tous suggéré par certains à Cannes, « Le bleu est une couleur chaude » est avant tout une histoire toute simple et très sensible sur l’amour et sur l’acceptation de sa propre différence, traitée avec beaucoup de justesse (et sans doute aussi de vécu) par Julie Maroh. « Il s’agissait de raconter comment une rencontre se produit, comment cette histoire d’amour se construit, se déconstruit, et ce qu’il reste de l’amour éveillé ensemble, après une rupture, un deuil, une mort », explique-t-elle sur son site. On comprend, dès lors, que la lecture de cette BD ait inspiré Abdellatif Kechiche, un cinéaste qui aime filmer les jeunes en quête d’identité. Il n’y a pas que lui qui a été touché par ce récit, puisque ces dernières années « Le bleu est une couleur chaude » a remporté de multiples prix. A commencer par le Prix du public au festival d’Angoulême 2011. Une récompense qui n’a pas le prestige de la Palme d’or, mais qui en dit tout de même long sur la qualité de cette BD. Avant la sortie de « La vie d’Adèle » en salles au mois d’octobre, cela vaut donc certainement la peine de la lire!

Un extrait de « La vie d’Adèle »:

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3 réflexions sur “Oui, une BD peut remporter la Palme d’or à Cannes!

  1. […] BD et cinéma font bon ménage ces derniers temps. Il suffit de penser au film "La vie d’Adèle", inspiré de la BD "Le bleu est une couleur chaude" et vainqueur de la Palme d’or […]

  2. […] d’Abdellatif Kechiche, dont le film "La vie d’Adèle" est basé sur la BD "Le bleu est une couleur chaude", et de Bertrand Tavernier, qui a brillamment réussi à adapter "Quai d’Orsay" pour […]

  3. […] dessinée et cinéma continuent à faire bon ménage. Après le succès des films "La vie d’Adèle" et "Quai d’Orsay", tous deux inspirés d’une BD, voici l’adaptation sur […]

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