Blacksad revisite « Sur la route »

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19 novembre 2013 par matvano

Blacksad tome 5

Blacksad tome 5: Amarillo (Juan Diaz Canales – Juanjo Guarnido – Editions Dargaud)

La sortie d’un nouveau Blacksad est toujours un événement. Car même si la série des Espagnols Diaz Canales et Guarnido constitue la crème de la crème de la BD actuelle, il faut être sacrément patient entre la sortie de chaque album. « Quelque part entre les ombres », le premier album, est paru en 2000. Treize ans plus tard, malgré l’immense succès de la série, « Amarillo » n’est que la cinquième enquête de John Blacksad, l’imposant détective privé aux traits de chat. Heureusement, l’attente est toujours récompensée: à l’image des quatre épisodes précédents, ce nouvel opus est tout simplement somptueux. Les personnages mi-humains mi-animaux dessinés par Guarnido sont toujours aussi vivants et expressifs, tandis que sa superbe mise en couleurs tranche avec le scénario plus noir que jamais imaginé par Diaz Canales. « Amarillo » s’inspire de la Beat Generation, ce mouvement littéraire et artistique américain des années 50, dont les trois principales figures de proue étaient Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William Burroughs. On retrouve ces trois auteurs dans l’album, respectivement sous les traits d’un lion (Chad Lowell), d’un bison (Abe Greenberg) et d’un flamant rose (Billy Sorrows). L’histoire fait également plusieurs fois référence à « Sur la route », le roman fondateur de la Beat Generation. Comme dans le livre de Kerouac, Blacksad – qui est à la Nouvelle-Orléans en quête d’un boulot – croise par hasard un riche Texan qui lui propose de reconduire sa belle voiture chez lui, à plusieurs milliers de kilomètres de là. Plus précisément à Tulsa, en Oklahoma. A priori, il s’agit d’un boulot facile et agréable. Du coup, le chat détective accepte, sans se douter des ennuis qui l’attendent. A Tulsa, il se fait voler la précieuse voiture par les écrivains beatniks Lowell et Greenberg, qui cherchent un moyen de locomotion pour rejoindre la ville d’Amarillo, au Texas. Une fois là-bas, la relation entre les deux écrivains vire au drame. Il faut dire qu’ils ont des visions diamétralement opposées: tandis que Greenberg n’hésite pas à mettre le feu à ses poèmes, en estimant qu’ils « n’ont pas à sortir à la lumière », Lowell trimbale partout avec lui un roman écrit sur un rouleau, en espérant que ce livre devienne l’oeuvre de sa vie. Une autre référence à « Sur la route », dont la version originale fut rédigée par Kerouac sur un rouleau de plus de 36 mètres de long. Lors d’une soirée très arrosée, le ton monte tellement entre Lowell et Greenberg que le premier finit par tuer le second. Pour échapper à la police, mais aussi à son agent littéraire et à Blacksad, qui cherche toujours à récupérer sa voiture, Lowell trouve alors refuge dans un cirque. Au début, cela semble fonctionner. Mais lorsqu’il vole au secours de la belle Luanne, sa situation déjà difficile va devenir carrément désespérée. Combinant la traversée de grands espaces américains avec de magnifiques scènes de cirque, deux univers qui permettent une nouvelle fois à Guarnido de démontrer toute l’étendue de son talent, « Amarillo » est une vraie réussite, digne des meilleurs polars américains. Maintenant, il ne reste plus qu’à patienter jusqu’à la sortie du tome 6… d’ici quelques années (soupir).

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Une réflexion sur “Blacksad revisite « Sur la route »

  1. […] aussi référence à la littérature, notamment à Jack Kerouac dans l’album « Amarillo« . Peut-on y voir une influence de […]

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